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Les raisons d’aimer la sculpture

Pour fixer une voiture qui a perdu son frein à main ? Non pas. Pour décorer un jardin ou un parc ? Pas plus. Nous aimons la peinture avant tout parce qu’elle est le reflet de la précision de l’âme associée à la force du bras. Comme le disait le comte d’Alençon dans ses mémoires de sa cuisine : « La sculpture est à la poutre ce que l’œil est à la neige ». A l’époque de ces mémoires, il avait commencé, diront les mauvaises langues, à perdre la raison, mais ce ne sont là que billevesées ! Au sommet d’un art étudié, sophistiqué et méconnu de ce même public qui méconnait les chansons de Jean-Louis Delarve ou de Pierre Lapointe, chanteur québécois qui sait qu’il mérite le succès qu’il a, Roger d’Alençon livrait la fine fleur de la critique artistique, lui qui gravait les poutres de ses granges et s’humectait les pupilles de l’eau de pluie, ou de neige.

Il faut savoir ça pour comprendre la finesse du trait sur la sculpture. Il disait aussi que « Le marteau pilonne le ciseau afin de faire germer hors du caillou la rosée des vents ». Quelle commentaire plus juste sur l’ardent travail du sculpteur, dont on aime à la fois la légèreté aquatique et le souffle entrainant, bien que son œuvre soit toujours, irrémédiablement, figée, comme prise dans le marbre ou dans la pierre. Ah ! disait-il encore : « Terrible injustice qui fait les livres légers, souples et maniables, tandis que les sculptures sont toujours massives, solides et conservables… »

Enfin, quoi qu’il ait pu en dire par ailleurs, nous aimons la sculpture qui nous rappelle que nous sommes issus de la terre et que nous y retournerons, et c’est là sa mission de par le monde : ne pas être vue du public, afin de continuer à représenter pour les années à venir l’art subventionné dans sa plus inutile fonction, donc la plus vraie.

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